PRIEURE DE SERRABONE- 9 avril 2026
PRIEURE DE SERRABONE- 9 avril 2026
Le prieuré de Serrabone est un emblématique monument du patrimoine roman de la Catalogne. Les amopaliens s’y sont retrouvés le 9 avril dernier, en fin de matinée, pour une visite commentée, organisée à l’initiative de Serge Pallissé. Avant la visite, nous avons pu déambuler dans le jardin qui présente près d’un millier d’espèces méditerranéennes. Notre guide a commencé la visite par rappel du contexte historique, autour d’une maquette démontable, qu’il a d’abord ramenée au petit bâtiment initial, mentionné dès 1069, église paroissiale d’un petit village montagnard. Il y a ensuite rajouté les différentes pièces, agrandissement de la nef, transept, clocher et bâtiments conventuels, qui, au cours des siècles suivants ont conduit à l’édifice actuel. Dès la fin du XIème siècle, le vicomte de Cerdagne y installe une communauté religieuse mixte, hommes et femmes, clercs, convers et laïcs, obéissant à la règle de Saint Augustin. L’église est transformée en collégiale, avec la nef actuelle, et consacrée en 1151 par l’évêque d’Elne, en présence des abbés de Saint Michel de Cuxa et d’Arles sur Tech. La communauté y prospère jusqu’au milieu du XIV ème siècle puis perd de son importance, devient décadente, et, est rattachée à l’évêché de Solsonna, en Catalogne sud. Au décès du dernier prieur, en 1612, le monastère est abandonné par les chanoines. A la révolution française, son appartenance à l’évêché espagnol de Solsonna l’a protégé du démantèlement occasionné par la vente des biens nationaux. A la fin du XVIII siècle le site est à l’abandon et en 1819 la nef s’effondre. La commune de Serrabone, dépeuplée et appauvrie, est supprimée 3 ans plus tard. Le site, en ruine, est visité par Prosper Mérimée, qui ne l’apprécie pas particulièrement.S Il est quand même classé monument historique en 1875. L’évêché de Solsonna le vend en 1894 ; il devient la propriété des Jonquères d’Oriola, qui entreprennent la restauration de la nef et de sa toiture. Finalement le site est acquis par le conseil général des Pyrénées orientales en 1956, sécurisé et progressivement restauré jusqu’à nos jours.
La visite s’est poursuivie autour de la tribune, abondamment décrite et commentée par notre guide. Elle date du XIIème siècle et a été édifiée en marbre rose, provenant des carrières voisines du col de Ternère, tout proche. Elle est l’une des deux seules tribunes romanes encore existantes, l’autre étant dans le piémont italien à Vezzolano. Il en existait une, similaire, à Saint Michel de Cuxa, mais elle a été démantelée par les moines qui en ont réutilisé les éléments pour d’autres constructions. La tribune était destinée à séparer les laïcs des clercs qui occupaient le chœur. Elle avait été démontée au début du XIXème siècle, en partie sauvegardée malgré les vols, et a été restaurée ces dernières années d’après les gravures avec sa balustrade. Ce qui en fait la valeur, outre son unicité, ce sont les éléments de décoration. La façade de la tribune présente aux fidèles l’agneau de Dieu, entouré des symboles des quatre évangélistes avec un décor d’animaux fantastiques et de palmettes qui courent autour de l’arc principal. Sur la façade figurent également des séraphins à trois ailes. Elle est soutenue par des chapiteaux dont certains représentent des scènes bibliques, comme Saint Michel terrassant le dragon. Nous nous attardons sur l’explication de la symbolique de ces décors, la dialectique entre le bien et le mal, particulièrement bien illustrée dans la scène de la chasse au cerf, symbole de l’âme humaine, par un centaure, symbole du mal. De nombreux animaux fantastiques, comme des lions ailés ou des griffons, des fleurs stylisées ou encore des personnages ornent les chapiteaux. Le guide, qui aurait pu poursuivre ses explications pendant des heures a répondu à nos nombreuses questions avant de nous entrainer dans le chœur, dédié à la vierge Marie, où l’on peut voir des traces de fresques du XIII ème siècle, puis dans le cloitre, réduit à une galerie surplombant le ravin, où quelques chapiteaux ont à nouveau fait l’objet de commentaires. Les participants sont repartis, satisfaits de leur visite et émerveillés par ce qu’ils ont vu, vers Ille et la table de can Jordi ou la journée s’est poursuivie dans une ambiance très conviviale.
Can Jordi est une propriété entre Ille et Montalba, qui fait gite et table d’hôte, installée dans le maquis, face au Canigou et dont l’activité principale consiste à élever des faisans et des perdrix pour les sociétés de chasse. Un apéritif en plein air nous attendait, agrémenté d’escargots et de grillades préparés devant nous. Il a été suivi par une fantastique et délicieuse fideua, et un camenbert fondu sur les braises. Pour le dessert, le patron nous a flambé une coca catalane aux fritons. Le vin ayant réchauffé les esprits et les cœurs, des bonnes histoires puis des chants catalans entonnés par le patron, très en verve, ont animé l’après-midi. Le patron, comme Serge Paillissé, Bernard et Marie Rose Krut fait partie de la chorale l’Estudiantine d’Ille, expliquant ainsi sa belle connivence avec les organisateurs de la journée. Le retour à nos domiciles s’est effectué tranquillement, avec pour certains un arrêt au point de vue sur les orgues d’Ille.
Au total une magnifique journée dont on gardera longtemps le souvenir.
Michel Delseny
Photos MB
ILLE SUR TÊT - CASESNOVE - 26 mars 2026
Par le beau matin ensoleillé, mais froid et venté du 26 mars 2026, le petit
groupe de l’AMOPA 66 se regroupe autour d’Alain Sanchez, assistant principal
de conservation du patrimoine, et membre de l’AMOPA, sur le foirail d’Ille sur
Têt, devant le monument aux morts, pour une visite commentée du vieil Ille.
Alain nous présente sa ville : actuellement un peu plus de 5500 habitants,
organisée en deux parties : la vieille ville, au nord de l’ancienne nationale, à
l’intérieur des remparts, et la nouvelle, au sud, qui s’est développée jusqu’à la
gare des trains et vers l’est et l’ouest de part et d’autre de l’ancienne nationale.
L’origine du nom de la ville est probablement liée à la présence de l’eau. En
Catalogne du sud, le nom d’Ille correspond souvent avec des lieux humides.
Une importante nappe phréatique est présente sous la ville, son front nord est
ponctué de nombreuses résurgences de cette nappe. À l’entre-deux guerres on
comptait plus d’une trentaine de sources et des fontaines. C’est à Ille que
prennent leur source les principaux canaux de la vallée de la Têt. Le foirail,
ombragé par des platanes, sur d’anciennes terres agricoles, était le lieu de la
foire aux bestiaux et de la vente des produits maraichers ; il est devenu un
parking complété par celui de la gare SNCF. Il abrite encore un marché de
producteurs, le samedi matin. Le monument aux morts, atypique, est une
œuvre de Raymond Sudre, datant de 1923, inspirée de l’œuvre de Raoul Larche
« Tempête et ses nuées ».
Alain nous entraîne alors dans la vieille ville, vers la place de la République,
créée en 1886 pour mieux accueillir les marchés et constituer un centre
d’animation. Il s’y est construit, dans les années 1930, la salle des fêtes. De là,
nous rejoignons la rue Sainte Croix qui constituait un axe commerçant et Alain
nous conduit à la maison du Comte, ancien hôtel particulier des comtes de
Darnius d’Ardena, remaniée aux XVII, XVIII et XIX èmes siècles. Le porche, avec
un bel arc en marbre rose, donne accès à une cour en galets de rivière autour
de laquelle se distribuent plusieurs bâtiments, appartenant à différents
propriétaires, et un escalier menant à une galerie en partie murée. La maison
est devenue célèbre grâce à Prosper Mérimée qui y a situé l’histoire de la
Vénus d’Ille, nouvelle dans laquelle il règle en fait ses comptes avec les érudits
locaux ! Nous rejoignons la muraille du XIVème siècle et la « plaça del joc de
pilota » (francisée en place du jeu de paume). Après le traité des Pyrénées de
1659, Ille n’occupant plus de position stratégique, les remparts n’ont pas été
modifiés. Notre guide nous conduit à l’arrière du jardin de la maison du Comte,
vers l’ancien moulin et la trace du canal qui l’a fait fonctionner jusqu’au début
des années 1950. Nous empruntons la rue des enamorats, qui doit son nom à
un bloc de marbre sur la façade d’une maison, représentant un couple qui
s’embrasse, peut-être enseigne d’une ancienne maison close, et poursuivons
jusqu’à l’église Saint Etienne par la rue « chaude » et la place de la Résistance,
ancienne place du blé, lieu de l’ancienne mairie et point de départ de la
procession pascale des Reginae.
Nous passerons un long moment dans l’église, bien à l’abri d’une tramontane
glacée. L’église a une taille imposante, en rapport avec la population et sa
richesse. Construite à l’intérieur de la ville, sans doute à l’emplacement d’une
ancienne église adossée au château et dont le clocher actuel faisait partie avant
d’être remanié, elle n’est pas orientée et ne présente pas de transept, ni la
forme typique en croix. Commencée en 1664, elle ne sera que partiellement
achevée en 1771, en particulier il manque la tribune. De ce fait, l’orgue
baroque est resté à sa place d’origine. Il est de facture hispanique, car après
une commande initiale qui ne donnait pas satisfaction, la fabrique paroissiale a
contacté à Perpignan le moine espagnol Pascal Cervelo, qui en a assuré la
facture en 1722, avant même que l’église ne soit terminée. Cet orgue a été
classé aux monuments historiques en 1976 et comprend plus de 2000 tuyaux.
Le buffet d’orgue, également inachevé, a été réalisé par Morato un sculpteur
de Vic, en famille avec l’un des architectes de l’édifice. Le retable du maitre-
autel est très aéré, « selon la nouvelle mode », et date de 1735. Il est en
marbre de Caune-Minervois et abrite un dispositif qui permet de faire monter
l’ostensoir au moment de l’eucharistie. L’autel est particulièrement rehaussé
par plusieurs marches. Alain Sanchez a décrit les autres retables présents dans
les différentes chapelles latérales, en particulier ceux du Rosaire, du Christ
Ressuscité, de Saint Antoine de Padoue, et de Saint Boniface, plusieurs
tableaux et la tombe de Mossen Bonafont, curé d’Ille, auteur en 1925 de la
célèbre pastorale en catalan. Après cette visite détaillée de l’église, Il a
commenté la façade de l’église et la niche de Saint Etienne, et expliqué le
parcours des processions, pour la cérémonie des Reginae et des enterrements.
Nous passons devant l’ancienne chapelle du Tiers Ordre des Carmes pour
rejoindre la porte de la Paraire, ouverte dans la muraille, puis sur le boulevard
Pasteur, le restaurant vietnamien Mai Ly, où un bon repas nous attend,
permettant à chacun et chacune de se réchauffer dans une atmosphère
conviviale.
Après le repas, nous nous sommes rendus en voiture, à l’église Saint Sauveur
de Casesnoves, à 2 km, au milieu des ruines d’un ancien village rural
abandonné vers le milieu du XIVème siècle, sans doute à cause des raids des
« routiers », mercenaires de la guerre de 100 ans, cantonnés à proximité sur le
plateau de la Ropidera et à Trevillach, à cause aussi de la grande peste et des
guerres de Majorque. L’église romane, habituellement fermée, est connue pour
ses peintures murales, à l’histoire rocambolesque. Après l’abandon définitif du
village, l’église est d’abord rattachée à Ille à la fin du XVIème siècle, puis
partagée entre différentes familles à qui elle servait de grange. Des fresques y
sont redécouvertes par Marcel Durliat en 1953, après qu’il a été mandaté par
Louis Noguères, président du Conseil Général, pour réaliser un inventaire des
peintures murales médiévales dans les édifices religieux du département. Ces
fresques datent du début du XIIème siècle et représentent un Christ en
majesté, entouré des symboles des quatre évangélistes et d’une adoration des
rois mages. Elles constituent l’ensemble le plus ancien de peintures murales du
Roussillon et nous n’en verrons que des photographies. En mars 1954, un
antiquaire, Marcel Simon, les achète au propriétaire de l’abside, avec l’appui du
maire, et les dépose, provoquant le scandale, la démission du conseil
municipal, puis celle du maire. Il est poursuivi, condamné à les restituer. Entre
temps, il a revendu les peintures par morceaux. On en retrouve la trace en
1978 en Suisse, au musée d’art et d’histoire de Genève et à la fondation
Abegg ; une nouvelle procédure est engagée sans issue favorable pour la
commune d’Ille. En 1994, deux autres panneaux apparaissent chez un
collectionneur à Avignon, Marcel Puech, qui les donne à la commune. En
même temps, une négociation amiable est engagée avec le musée de Genève,
qui consent à faire un dépôt-prêt à la France en 1997. Le dépôt est transformé
en don et les peintures sont classées Monument Historique au titre objet en
2009. De 1997 à 2021, les peintures ont été présentées à l’Hospice d’Ille qui
bénéficie actuellement de plusieurs programmes de restauration et donc n’est
pas ouvert au public.
Le groupe s’est séparé vers 16 heures à Casesnoves, non sans avoir
chaleureusement remercié Alain Sanchez et les organisateurs locaux pour cette
visite passionnante, et en se promettant de revenir à une prochaine occasion
visiter les autres pièces du patrimoine historique d’Ille, que nous n’avons pas
eu le temps de voir.
Texte de Michel Delseny, complété par Alain Sanchez
Photos MB
SAINT GENIS - SAINTE MARIE DU VILAR - 17mars 2026
SORTIE SAINT-GENIS ET LE VILAR
MARDI 17 MARS 2026
Le monastère bénédictin de Saint-Genis-des-Fontaines
est une construction de l'époque carolingienne, probablement du IX ème siècle. Un précepte du roi Lothaire de 981 nous indique que « l'église vient d'être reconstruite, ayant été détruite par des païens ».
Des éléments de l'édifice d'origine, mais etait-ce le premier ?, sont visibles à l'angle extérieur du transept sud et à la base des angles Est de la croisée du choeur.
Ce monument est célèbre par la pierre emblématique qui orne le portail, le linteau connu de tous eux qui s'intéressent à la sculpture romane puisqu'il est la plus ancienne réalisation datée de « la vingt quatrième année du règne du roi Robert... », entre 1019 et 1020. Ce marbre de Carrare marque l'entrée de la sculpture monumentale dans « l'âge roman » et est l'oeuvre du « Maître de Saint-Genis », tailleur de pierre qui reste inconnu mais manifestement visionnaire.
Monument également célèbre par l'histoire rocambolesque de son cloître dela fin du deuxième tiers du XIII ème siècle. Un antiquaire parisien très « intéressé », comme d'autres ailleurs, rachète en 1923 les trois quarts des éléments sculptés devenus propriétés privées depuis la révolution, en retaille à peu près le même nombre et revend deux cloîtres dont l'un va garnir le parc d'un château dans la région parisienne et l'autre va naviguer vers les Etats-Unis ! Le retour des éléments à Saint-Genis ne se fera qu'en 1983 avec la certitude de l'authenticité par les inscriptions du démontage correspondant au calepinage de dépose. Seuls quatre éléments authentiques sont à Philadelphie dont il a été fait des moulages.
C'est un cloître roman tardif très différent du « roman » classique roussillonnais que nous voyons à Cuxa ou Serrabone. Les thèmes du décor sont ici davantage liés à la nature avec une grande liberté d'expression et une taille beaucoup plus simple qui a pu faire penser à une maîtrise moins affirmée.
Le mobilier de l'église est l'autre grande richesse du site. Il ne reste malheureusement que deux représentations figurées des fresques du XII è siècle. L'essentiel consiste en sept retables dont les datations sont comprises entre la fin du XVI è et le XVIII è siècle. L'union du monastère à celui de Montserrat en 1507 en étant sans trop de doutes la raison. Le retable majeur dédié à Saint-Genis, patron du monastère, portant deux dates ne manque pas d'intérêt. De même un tableau de 1644 et surtout un retable dédiés à N D de Montserrat dont on ne connait pas d'autre exemple.
Pause méridienne à l'auberge des Albères
Le Prieuré augustin de Sainte-Marie du Vilar de Villelongue dels Monts
lié à Sainte-Marie de Llado, est une création de la fin du XI è siècle dont l'église est consacrée en1142 et occupé par des chanoines réguliers de Saint-Augustin. Chanoines qui quitteront le site en1538 lequel deviendra un ermitage,
L'histoire du site, depuis une possible occupation antique puis des éléments liés à l'époque wisigothique puis carolingienne a laissé quelques traces mais :
Au vingtième siècle c'est une ruine quasi complète, ne reste à peu près en état que l'église. C'est une habitante du village Lucette Triadou qui mobilisera les habitants et relèvera les bâtiments que nous voyons actuellement.
Le grand intérêt reste l'église et deux éléments importants !
Le portail roman qui a subi début XX è siècle le même sort que les chapiteaux de Saint-Genis, par le même antiquaire et s'est retrouvé être le portail d'entrée du cloître du banquier. Il est revenu par le même chemin et replacé. Les chapiteaux sont particuliers, présentent sur l'un des deux de grandes figures et ne sont pas de « l'ecole » des chapiteaux roussillonnais. Ils sont manifestement du XII è siècle. Viollet-le-Duc en avait réalisé un croquis au milieu du XIX è .
Les fresques de l'abside qui ont malheureusement subi des dégâts lors de la restauration sont du XII è siècle et présentent les caractéristiques de présentation de l'époque.
A l'étage inférieur, dans le cul de four, un christ pantocrator était entouré du tétrmorphe dont restent visibles l'ange de Mathieu d'un côté et le lion de Marc de l'autre . Au dessous, surplombant les habituelles tentures, le collège apostolique occupe l'espace de part et d'autre.
Sous la voute, au dessus du cul de four, deux paons symboles de résurrection et d'immortalité s'abreuvent et se nourissent à la fontaine de la vie sous une annonciation.
Un très bel exemple de ces fresques du XII è siècle dont il reste quelques exemples dans la région.
Ce prieuré est actuellement le siège d'un communauté orthodoxe.
LES SORTIES
PRIEURE DE SERRABONE - 9 avril 2026
Le prieuré de Serrabone est un emblématique monument du patrimoine roman de la Catalogne. Les amopaliens s’y sont retrouvés le 9 avril dernier, en fin de matinée, pour une visite commentée, organisée à l’initiative de Serge Pallissé. Avant la visite, nous avons pu déambuler dans le jardin qui présente près d’un millier d’espèces méditerranéennes. Notre guide a commencé la visite par rappel du contexte historique, autour d’une maquette démontable, qu’il a d’abord ramenée au petit bâtiment initial, mentionné dès 1069, église paroissiale d’un petit village montagnard. Il y a ensuite rajouté les différentes pièces, agrandissement de la nef, transept, clocher et bâtiments conventuels, qui, au cours des siècles suivants ont conduit à l’édifice actuel. Dès la fin du XIème siècle, le vicomte de Cerdagne y installe une communauté religieuse mixte, hommes et femmes, clercs, convers et laïcs, obéissant à la règle de Saint Augustin. L’église est transformée en collégiale, avec la nef actuelle, et consacrée en 1151 par l’évêque d’Elne, en présence des abbés de Saint Michel de Cuxa et d’Arles sur Tech. La communauté y prospère jusqu’au milieu du XIV ème siècle puis perd de son importance, devient décadente, et, est rattachée à l’évêché de Solsonna, en Catalogne sud. Au décès du dernier prieur, en 1612, le monastère est abandonné par les chanoines. A la révolution française, son appartenance à l’évêché espagnol de Solsonna l’a protégé du démantèlement occasionné par la vente des biens nationaux. A la fin du XVIII siècle le site est à l’abandon et en 1819 la nef s’effondre. La commune de Serrabone, dépeuplée et appauvrie, est supprimée 3 ans plus tard. Le site, en ruine, est visité par Prosper Mérimée, qui ne l’apprécie pas particulièrement. Il est quand même classé monument historique en 1875. L’évêché de Solsonna le vend en 1894 ; il devient la propriété des Jonquères d’Oriola, qui entreprennent la restauration de la nef et de sa toiture. Finalement le site est acquis par le conseil général des Pyrénées orientales en 1956, sécurisé et progressivement restauré jusqu’à nos jours.
La visite s’est poursuivie autour de la tribune, abondamment décrite et commentée par notre guide. Elle date du XIIème siècle et a été édifiée en marbre rose, provenant des carrières voisines du col de Ternère, tout proche. Elle est l’une des deux seules tribunes romanes encore existantes, l’autre étant dans le piémont italien à Vezzolano. Il en existait une, similaire, à Saint Michel de Cuxa, mais elle a été démantelée par les moines qui en ont réutilisé les éléments pour d’autres constructions. La tribune était destinée à séparer les laïcs des clercs qui occupaient le chœur. Elle avait été démontée au début du XIXème siècle, en partie sauvegardée malgré les vols, et a été restaurée ces dernières années d’après les gravures avec sa balustrade. Ce qui en fait la valeur, outre son unicité, ce sont les éléments de décoration. La façade de la tribune présente aux fidèles l’agneau de Dieu, entouré des symboles des quatre évangélistes avec un décor d’animaux fantastiques et de palmettes qui courent autour de l’arc principal. Sur la façade figurent également des séraphins à trois ailes. Elle est soutenue par des chapiteaux dont certains représentent des scènes bibliques, comme Saint Michel terrassant le dragon. Nous nous attardons sur l’explication de la symbolique de ces décors, la dialectique entre le bien et le mal, particulièrement bien illustrée dans la scène de la chasse au cerf, symbole de l’âme humaine, par un centaure, symbole du mal. De nombreux animaux fantastiques, comme des lions ailés ou des griffons, des fleurs stylisées ou encore des personnages ornent les chapiteaux. Le guide, qui aurait pu poursuivre ses explications pendant des heures a répondu à nos nombreuses questions avant de nous entrainer dans le chœur, dédié à la vierge Marie, où l’on peut voir des traces de fresques du XIII ème siècle, puis dans le cloitre, réduit à une galerie surplombant le ravin, où quelques chapiteaux ont à nouveau fait l’objet de commentaires. Les participants sont repartis, satisfaits de leur visite et émerveillés par ce qu’ils ont vu, vers Ille et la table de can Jordi ou la journée s’est poursuivie dans une ambiance très conviviale.
Can Jordi est une propriété entre Ille et Montalba, qui fait gite et table d’hôte, installée dans le maquis, face au Canigou et dont l’activité principale consiste à élever des faisans et des perdrix pour les sociétés de chasse. Un apéritif en plein air nous attendait, agrémenté d’escargots et de grillades préparés devant nous. Il a été suivi par une fantastique et délicieuse fideua, et un camenbert fondu sur les braises. Pour le dessert, le patron nous a flambé une coca catalane aux fritons. Le vin ayant réchauffé les esprits et les cœurs, des bonnes histoires puis des chants catalans entonnés par le patron, très en verve, ont animé l’après-midi. Le patron, comme Serge Paillissé, Bernard et Marie Rose Krut fait partie de la chorale l’Estudiantine d’Ille, expliquant ainsi sa belle connivence avec les organisateurs de la journée. Le retour à nos domiciles s’est effectué tranquillement, avec pour certains un arrêt au point de vue sur les orgues d’Ille.
Au total une magnifique journée dont on gardera longtemps le souvenir.
Michel DELSENY
ILLE SUR TÊT - 26 mars 2026
SAINT GENIS, LE VILAR -17 mars 2026
Le monastère bénédictin de Saint-Genis-des-Fontaines
est une construction de l'époque carolingienne, probablement du IX ème siècle. Un précepte du roi Lothaire de 981 nous indique que « l'église vient d'être reconstruite, ayant été détruite par des païens ».
Des éléments de l'édifice d'origine, mais etait-ce le premier ?, sont visibles à l'angle extérieur du transept sud et à la base des angles Est de la croisée du choeur.
Ce monument est célèbre par la pierre emblématique qui orne le portail, le linteau connu de tous ceux qui s'intéressent à la sculpture romane puisqu'il est la plus ancienne réalisation datée de « la vingt quatrième année du règne du roi Robert... », entre 1019 et 1020. Ce marbre de Carrare marque l'entrée de la sculpture monumentale dans « l'âge roman » et est l'oeuvre du « Maître de Saint-Genis », tailleur de pierre qui reste inconnu mais manifestement visionnaire.
Monument également célèbre par l'histoire rocambolesque de son cloître dela fin du deuxième tiers du XIII ème siècle. Un antiquaire parisien très « intéressé », comme d'autres ailleurs, rachète en 1923 les trois quarts des éléments sculptés devenus propriétés privées depuis la révolution, en retaille à peu près le même nombre et revend deux cloîtres dont l'un va garnir le parc d'un château dans la région parisienne et l'autre va naviguer vers les Etats-Unis ! Le retour des éléments à Saint-Genis ne se fera qu'en 1983 avec la certitude de l'authenticité par les inscriptions du démontage correspondant au calepinage de dépose. Seuls quatre éléments authentiques sont à Philadelphie dont il a été fait des moulages.
C'est un cloître roman tardif très différent du « roman » classique roussillonnais que nous voyons à Cuxa ou Serrabone. Les thèmes du décor sont ici davantage liés à la nature avec une grande liberté d'expression et une taille beaucoup plus simple qui a pu faire penser à une maîtrise moins affirmée.
Le mobilier de l'église est l'autre grande richesse du site. Il ne reste malheureusement que deux représentations figurées des fresques du XII è siècle. L'essentiel consiste en sept retables dont les datations sont comprises entre la fin du XVI è et le XVIII è siècle. L'union du monastère à celui de Montserrat en 1507 en étant sans trop de doutes la raison. Le retable majeur dédié à Saint-Genis, patron du monastère, portant deux dates ne manque pas d'intérêt. De même un tableau de 1644 et surtout un retable dédiés à N D de Montserrat dont on ne connait pas d'autre exemple.
Pause méridienne à l'auberge des Albères
lié à Sainte-Marie de Llado, est une création de la fin du XI è siècle dont l'église est consacrée en1142 et occupé par des chanoines réguliers de Saint-Augustin. Chanoines qui quitteront le site en1538 lequel deviendra un ermitage,
L'histoire du site, depuis une possible occupation antique puis des éléments liés à l'époque wisigothique puis carolingienne a laissé quelques traces mais :
Au vingtième siècle c'est une ruine quasi complète, ne reste à peu près en état que l'église. C'est une habitante du village Lucette Triadou qui mobilisera les habitants et relèvera les bâtiments que nous voyons actuellement.
Le grand intérêt reste l'église et deux éléments importants !
Le portail roman qui a subi début XX è siècle le même sort que les chapiteaux de Saint-Genis, par le même antiquaire et s'est retrouvé être le portail d'entrée du cloître du banquier. Il est revenu par le même chemin et replacé. Les chapiteaux sont particuliers, présentent sur l'un des deux de grandes figures et ne sont pas de « l'ecole » des chapiteaux roussillonnais. Ils sont manifestement du XII è siècle. Viollet-le-Duc en avait réalisé un croquis au milieu du XIX è .
Les fresques de l'abside qui ont malheureusement subi des dégâts lors de la restauration sont du XII è siècle et présentent les caractéristiques de présentation de l'époque.
A l'étage inférieur, dans le cul de four, un christ pantocrator était entouré du tétrmorphe dont restent visibles l'ange de Mathieu d'un côté et le lion de Marc de l'autre . Au dessous, surplombant les habituelles tentures, le collège apostolique occupe l'espace de part et d'autre.
Sous la voute, au dessus du cul de four, deux paons symboles de résurrection et d'immortalité s'abreuvent et se nourissent à la fontaine de la vie sous une annonciation.
Un très bel exemple de ces fresques du XII è siècle dont il reste quelques exemples dans la région.
Ce prieuré est actuellement le siège d'un communauté orthodoxe.
SORTIE A CARAMANY - 5 novembre 2025
Dire que Bernard Caillens a le goût de l’histoire c’est faible. Comme Obélix avec la potion magique, Bernard est tombé en histoire dès son plus jeune âge, et cherche toujours à savoir plus, mieux, à éclairer tel ou tel signe du passé, que l’on n’avait pas su voir, ou interroger de la bonne façon.
Secondé par son épouse Marie Occhi, Bernard Caillens nous a fait arpenter les rues du village, et peu à peu a dévoilé ce que furent la vie et l’évolution de ce territoire, depuis le haut Moyen-Age à l’histoire plus récente. Un peu plus de trente amopaliens ont cheminé auprès de cet homme exceptionnel, sensibles à sa flamme et sa passion, nourries par une curiosité pétillante et une érudition impressionnante que nous retrouverons avec plaisir dans l’ouvrage qu’il vient de publier en juillet 2025 aux éditions « les presses littéraires ». Merci l’ami. Grâce à toi, nous avons vécu une magnifique journée, tonique infiniment, et bénéfique à nos neurones. Et l’on sait que tu feras encore d’autres découvertes sur ton territoire chéri, si bien peint par ton épouse Marie.
Cécile Brennan-Sardou
SORTIE DE L’AMOPA 66 à BOULETERNÈRE- Dimanche 21 septembre 2025
Programme annoncé
L'AMOPA66 est heureuse de vous inviter à partager de très belles heures le dimanche 21 septembre après-midi prochain, à partir de 14h, au beau village de BOULETERNERE. Cette visite nous est proposée par Monsieur Pascal Trafi, maire de Bouleternère, que nous remercions à l'avance pour sa généreuse attention à notre association.
Madame Maryse Badie, conseillère municipale, coordonne l'ensemble de notre visite. Le rendez-vous est fixé à 14h30 à l'Eglise Saint-Sulpice. La visite de ce monument sera guidée par une habitante érudite de ce beau village, visiblement une "figure" locale.
Une petite heure après, c'est notre ami Michel Adroher, maître de conférences à l'université de Perpignan, spécialiste du Moyen-äge, XIIIe et XIVème siècles en particulier, qui nous guidera pour une visite large, et pittoresquement commentée, du village de Bouleternère, dont il est l'un des conseillers municipaux.
A 17h, moyennant une participation de 10€, nous pourrons écouter le concert du groupe contemporain des "Dames de choeur"; le concert aura lieu dans l'église. Si vous consultez internet, vous pourrez observer que ce choeur d'une dizaine de dames jouit d'une réputation optimale, et qu'il se produit avec succès dans différentes villes de notre région, répertoire classique, comme contemporain.
Enfin, en clôture du concert, Monsieur le Maire et son conseil invitent les amopaliens à un apéritif festif.
Ultérieurement, dans le courant de cette année, l'AMOPA proposera une visite guidée du prieuré de SERRABONNE. Cet automne, vu la proximité de notre sortie d'une journée à AXAT, nous privilégions l'organisation d'une sortie pour la demi-journée, telle qu'elle vous est présentée. Cela n'empêchera pas ceux qui le souhaiteraient de visiter Serrabonne dans la matinée de ce même dimanche 21 septembre, et de pique-niquer entre Serrabonne et Bouleternère ! Je vous serais reconnaissante, pour des raisons de jauge pour l'apéritif offert par la mairie, de bien vouloir m'indiquer à l'avance votre intention de participer à cette demi-journée. Vous réglerez l'entrée au concert sur place, le jour-même. Je souligne l'exceptionnelle qualité des deux "conférenciers" qui nous guideront pour la visite de l'église, et du village, et le fait que nous aurons grâce à eux à vivre des moments absolument extraordinaires, et chaleureux.
Bien à vous, amitiés, Cécile Brennan-Sardou- Cécile BRENNAN-SARDOU Inspectrice d'Académie-DASEN honoraire
Ciel chargé de gros moutons gris et noirs, vent frisquet, déluges de pluie en matinée sur la côte et sur Perpignan...Il fallait être hardi ce dimanche pour poser le pari d’un temps sec pour une visite longtemps espérée, que devait guider le maître de conférences de l’UPVD Michel Adroher, spécialiste de la langue et de la littérature médiévales.
Pari posé, vœu exaucé : nous étions une trentaine au rendez-vous, accueillis par Pascal Trafi, maire de Bouleternère, et ses précieux conseillers municipaux, Maryse Badie et Michel Adroher, et...il ne pleuvait pas !
Michel, en guide confirmé, tenait son public en haleine à grand renfort de gestes, et variations de volume vocal, tout en le conduisant, secondé par Pascal, à travers les ruelles, et sous les passages couverts, à la tour-prison de la sorcière, au moulin à huile de « la fée » des Auxelles, aux fougueux canaux et aux meules de pierre de l’ancien moulin à farine, à la maison où naquit en 1842 un héros de la Commune de Paris, Galdric Verdaguer. Et Michel Adroher d’illustrer sa présentation par la lecture de l’extrait de l’Insurgé où Jules Vallès évoque comment l’action de ce personnage a de fait déclenché l’insurrection du peuple, et la Commune…Déambulation devant le rempart, la cellera, la fontaine au blason, le site de l’ancienne usine d’ébauchons de pipes, le « palau » aux lauzes dressées contre le ciel, les deux églises, la demeure de l’évêque de Girone...
Lorsque nous avons pénétré, à 17h, dans l’église où devait se tenir le concert par « les Dames de choeur » la première goutte de pluie tombait… Une ovation a été faite à ces 15 choristes talentueuses et enthousiastes et à leur chef de choeur, Robin Hendrix.
Fin de partie avec l’invitation par nos hôtes du jour à un apéritif dînatoire de haute tenue, entrelardé de fort gais devis. L’AMOPA 66 adresse sa profonde reconnaissance à Monsieur le Maire de Bouleternère pour sa vive attention à notre égard, à sa conseillère Mme Badie organisatrice, et à Michel Adroher, qui a orchestré notre visite de main de maître, nous a éclairés de sa profonde connaissance du patrimoine et charmés de ses talents de conteur.
Cécile Brennan-Sardou
TRAIN ROUGE- 18 septembre 2025
On l’appelle également le train du Pays Cathare et du Fenouillèdes .Le petit train rouge nous conduit de façon très folklorique , en wagon découvert par cette belle journée de fin d'été , de Rivesaltes à Axat en cheminant à 30 km à l’heure à travers le Fenouillèdes, ses vignoble réputés avec au loin le château de Quéribus .
Puis ce sera les Corbières , plus sauvages avec ses magnifiques forêts, passant près du château de Puilaurens, en empruntant un viaduc, de nombreux tunnels dans lesquels le conducteur se fait un plaisir d’émettre un signal retentissant .
La ballade se termine dans une auberge bien sympathique pour un déjeuner du terroir .
M B
SORTIE à ILLE SUR TÊT et CONFERENCE à PEZILLA-LA RIVIERE d' Yves ESCAPE
Démarrage au matin par une longue promenade le long du canal d’Ille qui descend de Rodès, et passe derrière la boulangerie sise dans l’ancien couvent des frères franciscains à Ille-sur-Têt.
Fraîcheur et bien-être dominent, dans l’ombre des grands arbres, et les musiques de l’eau partout présente, dans le canal comme dans la Têt que longe le sentier. En remontant le canal, on découvre un monument communal à la mémoire des travailleurs espagnols issus de la Retirada, contraints de creuser cet appareil d’irrigation.
La conférence que donnera Yves Escape l’après-midi à Pézilla nous éclairera sur le rôle des bénédictins, depuis le Xème siècle : au moment de la reconquête carolingienne et de la consolidation du territoire conquis sur les musulmans, ils installent de nombreuses abbayes, St Michel de Cuxa, St Martin du Canigou, Sant Pere de Rodes... qui aménagent le territoire en structurant les villages groupés autour de l’église (les celleres) et créent les canaux d’irrigation indispensables pour les besoins en eau de la population, pour les cultures, et pour drainer les eaux de pluie. Ces canaux partent d’une dérivation des rivières (Têt, Tech, Agly) , chaque village ayant le sien. À partir du canal principal une série de canaux plus petits, les agulles, couvrent l’ensemble du territoire. On retient l’eau, qui pénètre dans la terre, c’est l’arrosage à l’ample. Les moulins sont alimentés par ce réseau. Yves évoque la construction par les comtes de Barcelone, au XIIIème siècle, de las canals, canal royal de Perpignan, qui va de Vinça à Perpignan en passant par Thuir, ville royale. De nombreux ouvrages d art seront .necessaires pour mener à bien ce projet en particulier l’aqueduc de Labau dans les gorges de la Guillera à Rodès.
Dans l’histoire de notre territoire de tous temps l’eau, rare, se décline avec les concepts de solidarité, et de partage. Et ces mêmes canaux sont actuellement gérés par les ASA, Associations Syndicales Autorisées.
Yves Escape et Cécile Brennan-Sardou
VISITE MEDIEVALE ET VIGNERONNE POUR L’AMOPA66 Avec Thérèse TARRIEUS - mars 2025
La matinée a commencé par une promenade à travers le patrimoine historique du village, qui a su préserver son identité médiévale, avec ses deux remparts dotés de cinq portes d’entrée, de sept tours de défense avec meurtrières, et d’une cellière. Elle s’est poursuivie par la découverte de son église Sainte Marie, construite au XIIIème siècle, qui renferme le retable monumental du maître hôtel richement orné d’or. C’est l’oeuvre du sculpteur Louis GÉNÉRES, et du peintre doreur François MONADER. Le groupe s’est dirigé ensuite vers la cave Dom Brial pour découvtrir ses chais anciens et ses installations modernes, et aussi ses vins délicieux et variés.
Après le repas, dans le cadre du château Les Pins, Thérèse Tarrieus leur racontait avec flamme et brio la révolte des vignerons de 1907, mouvement dont les initiateurs étaient originaires de Baixas. Une superbe journée, dans un village catalan authentique.
Thérèse Tarrieus Les remparts Le retable
CERBERE- LE BELVEDERE et CONFERENCE DE Manuel MENENDEZ - 12 février 2025
C’est un peu le bout du monde pour les français et pourtant Cerbère est un lieu fascinant.
L’hôtel le Belvédère se dresse comme un paquebot entre mer et voie ferrée, de style art déco, cet hôtel à l’architecture audacieuse , en béton armé, a connu ses heures de gloire dans les années 30, constituant une étape entre la France et l’Espagne avec l’arrivée du chemin de fer . Classé monument historique avec ses salons , sa salle de spectacle, son casino , ses faïences et boiseries, bien délabrés. Son propriétaire le restaure progressivement .
Le wagon mémorial retrace l’histoire des transbordeuses. Alors que les hommes travaillaient à l'édification de la gare , ces femmes laborieuses transportaient dans de petits paniers des cargaisons entières d’oranges du train espagnol vers le train français car l’écartement des voies étant différent, les trains ne pouvaient cheminer d’un côté à l’autre de la frontière.
Après une visite de l’église et un déjeuner pris dans une salle municipale , Manuel Menendez , professeur, écrivain , sculpteur et photographe présente son livre Tumbas en la costa nous faisant partager la richesse artistique de sa Catalogne natale, abordant les concepts de frontière à travers son vécu familial et aidant à mieux comprendre les exils sud-nord , la retirada. En visitant 6 tombes, Manuel Menendez brosse des tableaux originaux de Machado, Maillol , Benjamin ,Calders, Dali et Palau i Fabre
MB
AGDE- CHÂTEAU LAURENS - 21 novembre 2024
Départ en bus pour une belle sortie à Agde, pas trop loin de nos rivages.
En matinée, étonnement et admiration pour l’univers coloré, en égyptomania, du château Laurens, tout juste ouvert au public en 2023, après restauration. Une demeure idéalement située auprès du fleuve Hérault, et du canal du Midi, entourée d’un merveilleux parc de douze hectares, régenté par un magnolia centenaire...et de gigantesques marronniers.
Le château tient à la fois de la villa palatiale et d’un temple antique, fruit du rêve d’Emmanuel Laurens, voyageur éclairé, amateur des pays lointains, à la fin du XIXème siècle. Boiseries délicates, céramiques, peintures et fresques égyptianisantes resplendissent de couleurs, en mêlant avec finesse le goût pour l’Orient et celui pour l’Art nouveau, éclatant dans les ferronneries et pièces de mobilier.
Après un déjeuner mouvementé, selon les coups de vent et la force de la marée, sur une péniche amarrée sur l’Hérault, ce fut la visite du Musée de l’Ephèbe et d’archéologie sous-marine, à l’entrée du Cap d’Agde. Etrusques, Grecs, Romains, Celtes, Wisigoths, Sarrasins, Vikings, Espagnols, Italiens : tous ont laissé leur empreinte dans l'histoire d'Agathé, cité grecque vieille de 2600 ans, carrefour des civilisations. Des trésors engloutis sont exposés, trouvés dans le fleuve Hérault, en mer, et dans l’étang de Thau : cargaisons de vaisselles, armements de la marine royale, amphores et matières premières, œuvres d’art… dont la célèbre statue de l’Alexandre d’Agde dit « l’Ephèbe », unique bronze hellénistique à avoir été trouvé dans les eaux françaises.
Cécile Brennan-Sardou
TRAIN JAUNE et CENTRE DE VOL EN MONTAGNE à SAINTE LEOCADIE -11 juin 2024
Le petit train jaune fait partie de notre patrimoine depuis plus d’un siècle.
De Villefranche de Conflent jusqu’au plateau de Cerdagne et aux confins de l’Espagne, après les diligences , il a été un lien entre la plaine et les hauts plateaux et représente une véritable prouesse technique , titanesque pour l’époque , tant du point de vue de sa technologie électrique, ayant nécessité la construction de centrales , que de ses tunnels ,ses ouvrages d’art avec des viaducs, dont le viaduc Séjourné et le pont métallique suspendu Gisclard,ayant employé 1500 ouvriers pendant 6 ans.
Terminus pour l’AMOPA , Sainte Léocadie où le groupe est reçu, grâce à Pierre Valentin, par David Bartoméus, commandant du CVM, le centre de vol en montagne , qui est une base école, un régiment d’hélicoptères de combats (RHC) , dépendant de DAX.
Après un déjeuner convivial , les membres visitent la base , assistant à une noria de décollages et atterrissages des appareils Calliope EC-120 rouges et blancs. En effet, le centre assure 42 semaines de stages aux pilotes de l’aviation légère des armées de terre, dont 16 s’adressent à des groupes étrangers.
Le commandant nous explique que les missions de ce régiment sont militaires , formant des moniteurs , agissant en soutien de l’activité aéronautique, pouvant envoyer des détachements en France et à l’étranger . Mais la base a également des missions secondaires, les appareils pouvant transporter 2 blessés en cas d’impossibilité du SAMU dans des zones difficiles et ventées, participant à l’alevinage , la dépose de sel, le dépôt de matériel pour les bergers .
Nous assistons enfin aux dressage de chiens , importants pour la protection de ce centre stratégique unique en Europe, à vocation interarmées, interministérielle et internationale .
Photos et reportage MB
BOURG MADAME - 14 mai 2024
FIGUERES - MAISON DALI - 24 avril 2024
Après la visite du château de Pubol cet automne , l'AMOPA66 a décidé de clore
le cycle Dali avec la visite de la maison natale de Salvador Dali ouverte depuis
quelques mois par la municipalité de Figueres, capitale de l'Empordà.
Les Amopaliens ne l'ont pas regretté, tellement ce parcours guidé à travers sa
maison natale est une splendide réussite! C'est un voyage de découverte, un récit
palpitant une approche visuelle et sonore des différentes étapes de ce personnage
universel aux multiples facettes. Ce parcours guidé où images, espaces et objets
communiquent, avec des hologrammes et des fenêtres qui parlent, des mappings
et des effets visuels, des kaléidoscopes géants et des paysages immersifs.
Toutes ces nouvelles technologies nous ont plongé dans l'univers du maître
surréaliste et nous ont permis de mieux connaître l'homme pour comprendre
l'artiste.
Après cette belle découverte, le groupe s'est dirigé vers le restaurant Duran où il
a pu découvrir la table où Dali avait ses habitudes et partager un très bon repas
dans une bonne ambiance amicale.
L'après midi a été consacrée à la visite du Théâtre Musée Dali afin d'admirer
pour la première fois depuis 70 ans en Espagne, son Christ , l'un de ses tableaux
le plus célèbre , prêté par le musée de Glasgow pour quatre mois. Ce Christ, vu
de très haut car Dali voulait représenter la vue de Dieu sur Jésus crucifié, est une
véritable prouesse technique du génie catalan.
Nous avons pu constater, que grâce à Dali, la ville de Figueres vit dans
l'ébullition permanente.
Comme pour la sortie à Pubol, la tramontane était de la partie, toujours
excessive, en adéquation avec l'oeuvre de Dali.
Marie Rose KRUTT
Théâtre Musée Dali- Photos MB
PORT VENDRES - 13 septembre 2023
L'AMOPA66 a organisé avec l'archéologue Georges Castellvi, la visite de l'exposition "Portus Veneris" mise en place par la ville de Port Vendres, l'ARESMA, LA DRASSM et L'UPDV.
Le but était de présenter au public les trésors remontés des profondeurs de la Méditerranée dont la plupart collectés dans la rade de Port Vendres. Une trentaine d'Amopaliens, répartis en deux groupes, ont participé à la sortie.
Un groupe visita d'abord l'exposition où sont dévoilées les pièces les plus emblématiques : la maquette de la galère romaine PV1, toutes sortes d'amphores, des instruments d'ingénierie maritime, des ustensiles de vaisselle. Le récit de Georges Castellvi et d'une étudiante de master, nous amena à l'époque romaine dans cette Méditerranée où les échanges commerciaux étaient intenses et déjà très bien organisés !
Le deuxième groupe visita la réserve archéologique de la ville de Port Vendres sous la houlette de Michel Salvat qui gère ce lieu. Une quantité impressionnante de biens culturels maritimes sont ici : ils ont été nettoyés, répertoriés et classés afin de permettre à des chercheurs ou des étudiants de les exploiter. La plupart étaient enfouis dans la rade de Port Vendres, refuge naturel pour les embarcations, recouverts de vase ce qui a permis une excellente conservation. Certaines amphores avaient encore leur contenu !
Un grand merci à nos trois intervenants pour cette découverte inédite ! Les Amopaliens se retrouvèrent ensuite dans un restaurant du port pour partager un excellent repas au restaurant « La tramontane » à Port-Vendres !
Texte de Marie-Rose KRUTT ; photographies de Bernard LARESCHE
VISITE DE L'ECOLE 42 à PERPIGNAN - 12 mars 2024

















































































































































































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