SAINT GENIS - LE VILAR - 17mars 2026
SORTIE SAINT-GENIS ET LE VILAR
MARDI 17 MARS 2026
Le monastère bénédictin de Saint-Genis-des-Fontaines
est une construction de l'époque carolingienne, probablement du IX ème siècle. Un précepte du roi Lothaire de 981 nous indique que « l'église vient d'être reconstruite, ayant été détruite par des païens ».
Des éléments de l'édifice d'origine, mais etait-ce le premier ?, sont visibles à l'angle extérieur du transept sud et à la base des angles Est de la croisée du choeur.
Ce monument est célèbre par la pierre emblématique qui orne le portail, le linteau connu de tous eux qui s'intéressent à la sculpture romane puisqu'il est la plus ancienne réalisation datée de « la vingt quatrième année du règne du roi Robert... », entre 1019 et 1020. Ce marbre de Carrare marque l'entrée de la sculpture monumentale dans « l'âge roman » et est l'oeuvre du « Maître de Saint-Genis », tailleur de pierre qui reste inconnu mais manifestement visionnaire.
Monument également célèbre par l'histoire rocambolesque de son cloître dela fin du deuxième tiers du XIII ème siècle. Un antiquaire parisien très « intéressé », comme d'autres ailleurs, rachète en 1923 les trois quarts des éléments sculptés devenus propriétés privées depuis la révolution, en retaille à peu près le même nombre et revend deux cloîtres dont l'un va garnir le parc d'un château dans la région parisienne et l'autre va naviguer vers les Etats-Unis ! Le retour des éléments à Saint-Genis ne se fera qu'en 1983 avec la certitude de l'authenticité par les inscriptions du démontage correspondant au calepinage de dépose. Seuls quatre éléments authentiques sont à Philadelphie dont il a été fait des moulages.
C'est un cloître roman tardif très différent du « roman » classique roussillonnais que nous voyons à Cuxa ou Serrabone. Les thèmes du décor sont ici davantage liés à la nature avec une grande liberté d'expression et une taille beaucoup plus simple qui a pu faire penser à une maîtrise moins affirmée.
Le mobilier de l'église est l'autre grande richesse du site. Il ne reste malheureusement que deux représentations figurées des fresques du XII è siècle. L'essentiel consiste en sept retables dont les datations sont comprises entre la fin du XVI è et le XVIII è siècle. L'union du monastère à celui de Montserrat en 1507 en étant sans trop de doutes la raison. Le retable majeur dédié à Saint-Genis, patron du monastère, portant deux dates ne manque pas d'intérêt. De même un tableau de 1644 et surtout un retable dédiés à N D de Montserrat dont on ne connait pas d'autre exemple.
Pause méridienne à l'auberge des Albères
Le Prieuré augustin de Sainte-Marie du Vilar de Villelongue dels Monts
lié à Sainte-Marie de Llado, est une création de la fin du XI è siècle dont l'église est consacrée en1142 et occupé par des chanoines réguliers de Saint-Augustin. Chanoines qui quitteront le site en1538 lequel deviendra un ermitage,
L'histoire du site, depuis une possible occupation antique puis des éléments liés à l'époque wisigothique puis carolingienne a laissé quelques traces mais :
Au vingtième siècle c'est une ruine quasi complète, ne reste à peu près en état que l'église. C'est une habitante du village Lucette Triadou qui mobilisera les habitants et relèvera les bâtiments que nous voyons actuellement.
Le grand intérêt reste l'église et deux éléments importants !
Le portail roman qui a subi début XX è siècle le même sort que les chapiteaux de Saint-Genis, par le même antiquaire et s'est retrouvé être le portail d'entrée du cloître du banquier. Il est revenu par le même chemin et replacé. Les chapiteaux sont particuliers, présentent sur l'un des deux de grandes figures et ne sont pas de « l'ecole » des chapiteaux roussillonnais. Ils sont manifestement du XII è siècle. Viollet-le-Duc en avait réalisé un croquis au milieu du XIX è .
Les fresques de l'abside qui ont malheureusement subi des dégâts lors de la restauration sont du XII è siècle et présentent les caractéristiques de présentation de l'époque.
A l'étage inférieur, dans le cul de four, un christ pantocrator était entouré du tétrmorphe dont restent visibles l'ange de Mathieu d'un côté et le lion de Marc de l'autre . Au dessous, surplombant les habituelles tentures, le collège apostolique occupe l'espace de part et d'autre.
Sous la voute, au dessus du cul de four, deux paons symboles de résurrection et d'immortalité s'abreuvent et se nourissent à la fontaine de la vie sous une annonciation.
Un très bel exemple de ces fresques du XII è siècle dont il reste quelques exemples dans la région.
Ce prieuré est actuellement le siège d'un communauté orthodoxe.
Textes de Roger Gardez
Photos MB


























